Nous avons en nous des forces divines qui sont infinies. Maltraiter ne serait-ce qu'un seul être humain, c'est porter atteinte à ces forces divines et nuire, de ce fait, aux autres hommes
(Gandhi)
Piece de calligraphie traditionnelle, faite dans le style XING SHU, dit le style courant.
Le style courant (xíngshu), né sous les Hàn, (25-220), est une forme double : elle est rapide (les caractères « courent ») et usuelle (« courante »). C'est une « déformation » par simplification du tracé de la régulière, elle est la plus utilisée de nos jours pour l'écriture manuscrite de la vie quotidienne.
La calligraphie est le fondement de l'art chinois, un art majeur. C’ est une transcription directe de la pensée, chaque signe représente une idée. Les idéogrammes existent depuis presque 3000 ans.
‘Dans l'écriture d'un caractère ce n'est pas seulement la composition qui importe, c'est aussi la force du coup de pinceau. Faites que votre trait danse comme le nuage dans le ciel, parfois lourd, parfois léger. C'est seulement alors que vous imprégnerez votre esprit de ce que vous faites et que vous arriverez à la vérité.’ Li Sseu
La technique calligraphique requiert l'utilisation des «quatre trésors du lettré» : le pinceau, le papier de riz, le bâtonnet d'encre, et la pierre à broyer l'encre.
La calligraphie est étroitement liée aux sciences occultes (la pensée, le pinceau, le trait et l'idée philosophique sont indissociables) .
L'art de la calligraphie s'apparente à la méditation transcendantale. La calligraphie chinoise se distingue fondamentalement de la calligraphie occidentale, étant donné le rôle charnel du souffle dans le processus de création ; aucun "repentir" ou correction, aucun rajout, ne sont permis par l'utilisation de l'encre de chine, ce qui donne une dimension unique au tracé.
Les sinogrammes possèdent un répertoire graphique quasi infini (plus de 40 000 caractères répertoriés).
Il existe 5 styles calligraphiques chinois
Le style sigillaire ( zhuànshu ) est le plus ancien :il trouve son apogée sous la dynastie Qin, 221-206 avant JC. c'est une adaptation calligraphique des caractères archaïques, pour leur donner une forme propre à être gravée sur le bronze ou la pierre. Les lignes sont fines mais d'épaisseur constante, et les extrémités se terminent nettement (la formation des traits ne suit pas encore les contraintes dues au pinceau). La courbe est la règle générale, les angles sont exceptionnels.
Le style des scribes (lìshu )
L'administration chinoise s'affermissant, les caractères sigillaires, complexes, lui apparurent un frein à la rapidité de saisie et à l'apprentissage de l'écriture. Les fonctionnaires inventent donc un nouveau style, qui devient courant sous les Hàn: le style des scribes se caractérise par des attaques de traits épaisses, d’allure carrée, en ajoutant des ondulations et en étirant les horizontales. mais ce style est remplacé rapidement par le régulier. On a cependant continué à l'utiliser en calligraphie, comme le sigillaire. Il donne à la composition une allure digne, sentencieuse et majestueuse: on l'utilise pour des slogans, des citations et des titres.
Le style régulier ((kaishu ) apparaît sous les Hàn, au cours du IIIe siècle, et est considéré comme une amélioration et une rationalisation du style des scribes. C'est l'écriture standardisée qui trouve son apogée sous les Táng (618-907 de l'ère chrétienne). Le besoin d'une écriture simple, le plus lisible possible, très régulière, répondait aux nécessités de centralisation du pouvoir. Cette écriture, vecteur de l'administration, a donc aussi participé, par sa stabilité, à l'hégémonie du pouvoir impérial, à tel point que jusqu'aux simplifications de 1958, elle n'avait jamais été retouchée ni modifiée.
Stylistiquement, elle se caractérise par le respect des contraintes de tracé: une grande stabilité (aucun caractère ne déborde du carré virtuel), l'abandon définitif des courbes et des angles aigus de l'écriture des scribes. C'est en régulière que l'on apprend actuellement le tracé des caractères et que l'on écrit couramment quand on s'applique. Le style régulier est très proche des caractères imprimés.
Le style courant (xíngshu), est illustre par notre calligraphie 'Amour'
Le style d’herbe. Aussi nommé écriture cursive ou écriture folle, le style d'herbe (caoshu) est sans doute le plus frappant. Son nom peut être compris de plusieurs manières : écriture agitée comme l'herbe (c'est un des sens de cao) dans le vent, et destinée à des usages éphémères, comme le brouillon (autre sens possible de cao ), à la façon de la paille. C'est un type d'écriture à part entière. Créé sous les Han, ce style se caractérise par un tracé des caractères réduits à leur forme fondamentale, qui ne sont plus reconnaissables à l'œil profane. Le tracé des caractères –écrits sans contraintes apparentes, souvent liés entre eux et s'éloignant du carré virtuel – repose sur des formes empruntées autant au sigillaire, au style des scribes qu'à la régulière.
Né à Kunming, en Chine en 1936, Chen Dehong est entré très jeune à l'Académie Centrale des Beaux-Arts de Pékin. En 1982, alors que la Chine ouvre ses portes au reste du monde, il obtient une bourse pour étudier l'art à l'étranger. Il choisit Paris où il poursuit son cursus aux Beaux Arts. Il y vit actuellement.