Statue d’un homme et une femme enlacés, tournant tous deux la tête dans la même direction, les jambes de la femme étant écartées autour du corps de l’homme, celles de l’homme unies dans l’entrejambe de la femme.
La femme qui n’est reconnaissable que par la présence des seins, enveloppe l’homme de tout son corps, bras et jambes autour de lui. La tête et le cou sont démesurés par rapport à la taille du buste et des jambes, ce qui divise le corps en trois parties d’une hauteur presque égale : tête-buste, torse, et jambes. De la même façon, les membres supérieurs et les membres inférieurs sont quasiment de même longueur. Le sculpteur n’a pas essayé de rendre la réalité, mais bien d’exprimer une idée d’équilibre.
Les deux personnages sont très semblables, dans leur pose, leur expression et leur corps. Leur visage aussi est jumeau, à quelques détails près : l’homme a un menton plus marqué, et une chevelure plus petite ; quant à la femme, elle a un front plus grand, et la courbe des sourcils plus délicate. A part ces quelques points, les deux personnages présentent une troublante similitude.
La raison en est qu’ils ne représentent pas des êtres humains, mais des esprits appelés 'Thil' ; la représentation de ces esprits est un 'batéba'. Ici, l’esprit Thil est celui de la fertilité (image du couple primordial) et de la richesse (qui découle directement du nombre de travailleurs dans la famille) esprit qui, flatté par cette image de lui-même que les habitants ont choisi d’honorer dans leur maison, leur attribuera ce qu’ils demandent.
Chose assez rare, très peu représentée dans l’art africain : les deux personnages sourient, vraisemblablement pour donner à l’esprit Thil l’envie d’habiter sa statue.
Le peuple lobi occupe un territoire chevauchant aujourd’hui trois pays : le Burkina-Faso, le Ghana, et la Côte d’Ivoire (voir carte).