Statue féminine, dont la composition s’articule en trois parties de hauteur quasi égales : l’ensemble tête-cou, l’ensemble épaules-seins, et l’ensemble ventre-jambes.
La tête a une forme oblongue, surmontée de la chevelure traditionnelle des femmes bambara faite d’une grande coque en crête centrale, encadrée de deux longues tresses latérales atteignant presque les épaules. De profil, le front poursuit la courbe de la crête, et la ligne du nez long et fin offre une ligne quasi parallèle à celle de la tresse. Les sourcils sont tracés en forme de M et dessinent avec les joues et le nez un étonnant relief de cœur. Les paupières sont baissées, la bouche très ourlée, le cou fin et d’une longueur aristocratique.
Les seins, d’une longueur disproportionnée, symbolisent la fertilité, et leur importance est soulignée par la présence d’un tatouage sur toute leur longueur. La ligne que dessinent les seins poursuit d’un élan le tracé commencé le long du nez.
La courbe très prononcée du ventre répond à celle des fesses, en S, ce qui anime la sculpture, tout comme le léger fléchissement des jambes.
Autour du cou, pend un gros collier, emblème de la royauté. Les bras et les poignets portent des bracelets, insignes royaux. Nous sommes ici en présence d’une statue de reine bambara, 'guan-doudou', utilisée lors des cérémonies par les membres de la société 'Guan', une des six sociétés principales, appelées 'Dyow', qui régissent le peuple bambara (une des plus connues est la société Tji-Wara, dont les cimiers-antilopes sont une des expressions artistiques les plus abouties de l’art africain). Les anciens de la société les sortaient alors des sanctuaires où elles étaient gardées le reste du temps, et les exposaient aux villageois, qui leur offraient des sacrifices pour se concilier les esprits.
Le peuple bambara, dont l’appellation originelle est bamana, occupe une grande partie du centre du Mali, (voir carte), et compte plus de deux millions de personnes. Le royaume bambara fut fondé au XVII è siècle par N’golo Diarra, qui soumit les Peuls, et conquit les villes de Djenné et Tombouctou. Le royaume connut un important rayonnement jusqu’au XIX è siècle.