Masque en bois recouvert d’une patine croûteuse, obtenue par l’application de pigments végétaux. Les traits sont caractéristiques de l’art dan : front haut et bombé, grande bouche aux lèvres très ourlées, yeux en amande situés au milieu du visage.
Ici, la ligne des sourcils en forme d’accolade se termine par le trait fin du nez et répond à l’accolade qui se trouve sous les yeux pour former une sorte de masque. Les yeux sont gonflés et protubérants, en forme de grains de café.
Les masques anciens manquent souvent de leurs attributs d’origine, plus fragiles : fibres de raphia, tissu….qui les habillent normalement lors de leur apparition dan le village. Ici, le masque, qui date d’une trentaine d’années, a gardé ses ornements originels : un tissu terminé par des tresses en fibres enveloppe la tête du danseur pour le dissimuler totalement.
Le front est souligné d’une couronne de cauris, coquillages d’une forme qui rappelle le sexe féminin, longtemps utilisés comme monnaie dans les échanges commerciaux entre les tribus africaines, et donc symbole de richesse.
Le menton est recouvert d’une barbe de fibres de noix de coco, bordée par des grelots en fer qui tintaient lorsque le danseur secouait la tête.
Ce type de masque était porté durant les fêtes, et avait pour but d’amuser les villageois, en jetant des bâtons sur les spectateurs.
Le peuple dan, aussi connu sous le nom de 'yacuba', est installé à l’ouest de la Côte d’Ivoire et à l’est du Liberia (voir carte). Ce peuple, d’abord constitué de tribus autonomes, a été unifié par la société secrète du Léopard, le 'go', qui en régit toute la vie sociale.