Le visage est entièrement coloré de blanc avec du kaolin, ce qui offre une grand contraste avec la coiffure, très élaborée, de bois naturel, qui présente les caractéristiques des coiffures punu, en forme de coque tressée proéminente au sommet du crâne, prolongée par de grosses tresses latérales.
La couleur blanche est liée à la mort et à la réincarnation ; ces masques, de la société 'mukuyi' ou 'moukouji', incarnent les esprits des ancêtres, et sont volontairement asexués, puisqu’ils représentent indifféremment des hommes et des femmes. Ils étaient portés lors des funérailles par un danseur entièrement recouvert d’un costume de raphia, et monté sur des échasses, symbole d’élévation.
Ce masque montre d’autres traits caractéristiques des punu : menton triangulaire, bouche en forme de huit, yeux mi-clos, gonflés, en grains de café, sourcils fins très arqués, oreilles petites, semi-circulaires, scarifications frontale et temporales faites de petits losanges rouges constituant un losange plus grand, qui serait la marque d’identité du clan, le 'mabinda'. Ici, elles sont au nombre de neuf, motif souvent représenté, qui serait lié à la cosmogonie punu : le point central symboliserait Dieu, qui a donné naissance aux quatre points cardinaux, et aux deux couples primordiaux.
Le peuple punu (ou pounou) vit dans le sud du Gabon, à la frontière du Congo (voir carte). Il fait partie d’un groupe plus important connu sous le nom de Shira, regroupant les ethnies Eshira, Galoa, Vuvi, et Ambété, qui se sont installées le long de la côte gabonaise.