Masque surmonté d’un cimier représentant un animal totémique, ici un oiseau, arborant en plus des cornes annelées de bélier (souvent référence à la puissance) au-dessus d’un visage aux traits fins. La coiffure caractéristique divisée en trois parties surmonte un haut front, occupant ainsi la moitié supérieure du visage ; dans la moitié inférieure, les sourcils très arqués et un nez long et mince, une petite bouche et un menton triangulaire, inscrivent une forme de cœur.
Les yeux mi-clos aux paupières lourdes sont encadrés par des scarifications typiques yauré. Une barbe, faite d’une succession de triangles teintés de pigment noir et ocre, encadre le visage et remonte jusqu’au bout des cornes ; elle est la marque des anciens, donc de la sagesse.
Le Calao serait le messager des dieux et des ancêtres auprès des hommes. Cet oiseau renvoie également à l’idée de protection et de fidélité.
Les masques yauré, qui servent à influencer les forces surnaturelles gouvernées par l’esprit 'yu', sont portés pour deux types de célébrations : la célébration 'yé' lors de funérailles pour aider l’âme du défunt à entrer dans l’éternité, avec des masques peints et la célébration 'lo' pour les autres cérémonies (on utilise dans ce cas des masques teints de pigments noirs). Il sont ‘dansés’ pour rétablir un déséquilibre, qu’il soit d’ordre social (querelle), politique, ou naturel (mauvaise récolte, manque de pluie).
Le peuple yauré (ou yaouré) est installé en Côte d’Ivoire, près du lac Kossou, entre le puissant peuple baoulé et le peuple gouro (voir carte). L’expression artistique de ces trois peuples a connu une très forte interpénétration.