Manche d'épée portant des petits grains en relief, protégé par une garde hérissée de quatre pointes, et se terminant par un pommeau de forme pyramidale, assez lourd pour servir de contrepoids à la lame, et être également utilisé comme massue. Ici, on note les différentes teintes prises par le bronze lors de l'oxydation, qui vont du rouille à un bleu turquoise.
On note la faible longueur du pommeau, difficilement préhensible par une main d'homme: peut-être parce que cette arme était un objet rituel, ou parce qu'elle était utilisée par une femme comme instrument de danse?
Ce manche d'épée faisait certainement partie des objets symboliques qui ont accompagné un seigneur dans sa demeure éternelle. Dans la Chine ancienne, les manches d'épée étaient des objets rituels, enterrés dans les sépultures des nobles, pour célébrer le courage et exprimer la puissance du mort.
En Chine, l’utilisation de l’épée dans les combats a été relativement courte: dès le 3ème siècle, l'épée ne fut plus utilisée comme une arme, et devint un instrument de premier plan dans le théatre, les danses, et les arts martiaux. L'épée en Chine, comme partout ailleurs, était le privilège des nobles, des seigneurs, des savants aussi, et constituait un indice de position sociale.
Au sein du taoïsme, cette arme revêtait un symbolisme particulier: une épée en bois de pêcher était censée écarter les esprits maléfiques, et on la suspendait souvent à un mur pour protéger une demeure.
L'épée forme depuis toujours un aspect important du théâtre et de la danse folkloriques chinoises: il existe plusieurs danses de l'épée, très codifiées, qui ont fleuri pendant la dynastie des Tang: les danses se répartissaient en deux styles, danses civiles et danses martiales (danse de l'épée Huntuo et danse de l'épée Xihe).
Les maîtres en arts martiaux et les calligraphes conviennent que la calligraphie et l'art du jeu de l'épée ont eu des origines semblables : le maniement habile de l'épée ressemble à une calligraphie qui danse, et la calligraphie ressemble aux jeux de l'épée sur le papier. Une pratique du Tai Chi, le Tai Chi Tsien, utilise l'épée comme instrument principal.