Ce grand récipient faisait partie des objets de prestige qui agrémentaient les palais royaux ou les demeures des dignitaires conseillers du roi, dans les Grassland du Cameroun , et qui servaient lors des grandes cérémonies.
La partie supérieure a la forme d’une boule, posée sur un cylindre comme soutenu par quatre hommes aux jambes fléchies sous le poids. Entre chaque atlante, figure un rectangle orné de fines stries géométriques. Les flancs de la boule sont ornés de quatre têtes à la coiffure ornementée, divisée en trois coques par des tresses, qui se retrouvent bizarrement au niveau des sourcils. Les paupières en arc de cercle et le bout du nez conique présentent les mêmes stries fines, que l’on retrouve aux bords inférieur et supérieur de la sphère et sur le couvercle. Trois scarifications en grain de café ornent le front et les joues.
Les mêmes scarifications, vraisemblablement propres à une tribu, agrémentent le visage du joueur de tambour qui figure sur le couvercle. Son torse et son dos sont couverts de scarifications semblables, tandis qu’il tape sur deux tambours hauts et fins à l’aide de deux baguettes recourbées.
La composition de ce pot obéit à une rigoureuse géométrie: la hauteur du couvercle est égale à celle de la sphère, et la hauteur du cylindre à celle des têtes.
Le peuple bamiléké occupe le sud-ouest du Cameroun, dans une région communément dénommée les Grassland, avec de nombreuses autres ethnies, dont les plus importantes sont les Bamoun, les Bangwa, les Batcham et les Tikar, toutes organisées en chefferies, royaumes ou sultanats indépendants (voir carte).
L’importante production artistique de ces royaumes des Grassland est liée à la célébration et à la manifestation du pouvoir royal : statues, mobilier, objets quotidiens, masques, sont la manifestation de la puissance et de la richesse.