Soufflet de forge en bois de forme anthropomorphe féminine : les deux soufflets figurent les seins, et l’air est produit en soulevant et en appuyant alternativement à l’aide des cordes sur la gaine de cuir tendue. L’air est projeté dans les deux conduits de bois creusé, qui affectent la forme d’un V et figurent ici les jambes de la femme.
Au-dessus des seins, les épaules qui supportent une tête aux trais fins, et à la coiffure élaborée d’une grande coque centrale, à la mode punu. Malgré le fait que les traits aient été rongés par l’usage et le feu de la forge, on y distingue encore les yeux gonflés, et la bouche en forme de grains de café, typique de l’art punu. Le visage présente au milieu du front les scarifications caractéristiques des punu, en forme d’un grand losange constitué de 9 losanges plus petits.
Le corps s’inscrit dans un triangle parfait dont la base est constituée par les épaules.
Le dos et les pieds présentent une usure importante, due au fait que le soufflet était posé sur le dos devant le feu, les pieds proches des flammes.
Chez les peuples africains, le forgeron est un personnage à part, redouté par ses liens avec le feu, soit considéré comme un notable, soit craint à l’instar d’un sorcier. Mais en tout cas, il est un personnage important et indispensable du village, car il est le maître du feu : il fabrique à la fois les outils agricoles et les armes, les uns et les autres nécessaires à la survie.
Le peuple punu (ou pounou) vit dans le sud du Gabon, à la frontière du Congo (voir carte). Il fait partie d’un groupe plus important connu sous le nom de Shira, regroupant les ethnies Eshira, Galoa, Vuvi, et Ambété, qui se sont installées le long de la côte gabonaise