Figure en bronze, récente, finement modelée, recouverte de fines scarifications verticales, représentant un 'oni', le roi sacré d'Ifé.
Ces têtes sont de deux types:
- celles fixées sur des mannequins en bois utilisés aux funérailles, habillés et parés des symboles de l’autorité, se substituant à la dépouille du roi défunt, d’où leur réalisme saisissant;
- les têtes commémoratives des oni, primitivement posées sur des autels qui servaient de reposoir aux mânes ancestraux.
Ces têtes peuvent comporter des trous pour une barbe ou une chevelure postiches. Les scarifications exprimeraient la transformation irréversible de l'homme en dieu, après la consécration du trône.
Selon la tradition yorouba, Ifé est le centre du monde. La ville aurait été fondée sur mission du dieu du ciel Olorum, par Oduduwa, son premier oni (roi et chef religieux) et a très vite acquis une prééminence religieuse, entre le Xè et le XVè siècle. Les seize fils d'Oduduwa seraient partis d'Ifé pour fonder autant de villes Yorouba, et un de ses descendants, Oranmiyan, aurait été le premier oda (roi) de Bénin, dont la puissance rayonna entre le XVè et le XVIIè.
Les "bronzes d'Ifé", découverts au début du XIXè siècle, sont des têtes creuses, en bronze, exécutées selon le procédé de la fonte à la cire perdue, techniquement parfaites. Elles représentent des rois et des reines et expriment une extraordinaire sérénité. Elles datent du XIè au XVè. Certains Européens eurent du mal à admettre que ces purs chefs d'oeuvre fussent africains, et émirent l'hypothèse d'influences classiques grecques.