Très belle tête de cheval, d'une grande finesse d'éxécution. La bride soulignée par un pigment ocre foncé se distingue nettement. Cette tête faisait partie d'un ensemble complet, avec le corps de l'animal.
La sculpture est creuse. Les yeux sont proéminents, les naseaux larges et la bouche bien dessinée; les joues musclées s'inscrivent dans un bel arc de cercle. Les oreilles sont manquantes, mais on distingue une boucle de crinière au-dessus des yeux de chaque côté.
L'usage de déposer dans les tombes des figurines en terre cuite pour accompagner les morts, 'mingqi', date de la dynastie Han et continuera jusqu'aux Tang: les mingqi servaient à agrémenter le séjour des morts dans l'au-delà; on trouve beaucoup de représentations de chevaux, de danseuses, de soldats, de joueurs de polo, de bouffons, en fait une reproduction en terre cuite de l'entourage habituel du mort.
Le cheval (ma) était la monture des personnages importants, des empereurs et des lettrés, symbole du yang, et emblème de noblesse. Il a été beaucoup représenté par les artistes chinois des dynasties Han et Tang. Dans l'armée de terre cuite de l'empereur Qin Shi Yuangdi à Xi'an, on compte de très nombreux chevaux. Les caractéristiques des chevaux de race chinoise ont été établies dès le 7ème siècle avant JC dans un 'Guide de sélection des chevaux': jambes de devant bien droites, jambes arière arquées, hauts sabots, chevilles fines, larges naseaux, grande bouche, oreilles petites et courtes, et tête ressemblant à celle d'un lapin.
Les sculptures chinoises de terre cuite étaient d'abord passées dans un moule, puis les détails finis à la main, ce qui permettait une grande diversité. Les pièces étaient ensuite cuites dans des fours à 900 degrés, ce qui permet de mesurer l'avancement technologique de la Chine à cette époque.